De meilleures données pour une meilleure gouvernance et des politiques en AEA pour les États arabes
Tunisie
Une base commune renforcée autour des références et engagements internationaux
Les échanges se sont appuyés sur un cadre de référence aligné sur les engagements internationaux liés à l’apprentissage et à l’éducation des adultes. Les participants ont rappelé que, malgré son rôle essentiel dans l’employabilité, la résilience, la participation citoyenne et la cohésion sociale, l’AEA reste insuffisamment reconnue et sous-financée dans de nombreux pays.
L’atelier a réaffirmé la nécessité de considérer l’AEA comme une priorité de politique publique et un investissement stratégique, en cohérence avec le Cadre d’action de Marrakech adopté lors de CONFINTEA VII et avec les Objectifs de développement durable, en particulier l’ODD 4. Une attention particulière a également été portée aux approches sensibles au genre et aux contextes de marginalisation, de conflit et de déplacement forcé.
Des messages forts lors de la session d’ouverture
Lors de la séance d’ouverture, Esther Hirsch, directrice par intérim de DVV International, a souligné l’importance de dépasser le simple diagnostic des défis du secteur pour engager une réflexion plus approfondie sur la production de données de meilleure qualité. Elle a insisté sur la nécessité de relier la production de connaissances fondées sur des données probantes aux besoins concrets des parties prenantes — institutions publiques, organisations de la société civile et autres acteurs — afin de construire des systèmes d’AEA plus cohérents et efficaces.
Isabell Kempf, directrice de l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL), a salué la diversité et la qualité de la participation, y voyant la preuve d’un engagement régional durable et d’une conviction partagée quant au rôle transformateur de l’apprentissage tout au long de la vie. Elle a rappelé que GRALE 6 n’est pas seulement un exercice de collecte de données, mais une base stratégique pour orienter les politiques publiques et les investissements à long terme.
Pour sa part, Sara Rarhibo, chargée de communication et de projets à la Fondation africaine pour l’apprentissage tout au long de la vie, a présenté la mission et les domaines d’intervention de la fondation. Elle a souligné l’importance de l’atelier comme espace de dialogue régional, de partage d’expériences et de renforcement des capacités en appui à la préparation de GRALE 6.
GRALE 6 : attentes clarifiées et vision partagée du rôle des données
La première session thématique, consacrée au cadrage de GRALE 6, a renforcé la compréhension commune des objectifs et exigences du rapport. Samah Shalaby, de l’UIL, a présenté les principaux piliers du rapport et les différentes catégories de données mobilisées — stratégiques, diagnostiques et liées au plaidoyer. Elle a mis en évidence le rôle central des indicateurs de qualité pour garantir l’équité, la transparence et la redevabilité des politiques d’AEA.
Dans une perspective complémentaire, Refaat Sabbah, représentant la Maison arabe pour l’éducation et le développement (AHAED), a apporté le point de vue de la société civile sur le suivi de l’éducation des adultes dans le cadre de l’Agenda 2030. Il a rappelé que plus de 700 millions de personnes dans le monde restent privées d’éducation et de compétences de base, majoritairement des femmes, et que l’apprentissage tout au long de la vie demeure inaccessible pour de larges segments de la population. Il a souligné la nécessité de renforcer le rôle de la société civile et de promouvoir des approches innovantes pour réduire les inégalités persistantes.
Leçons clés des expériences nationales : convergences et contrastes
Les travaux de groupe portant sur les expériences nationales en matière de gouvernance de l’AEA et de collecte de données pour GRALE 6 ont révélé une grande diversité de situations dans la région arabe.
Les discussions ont mis en évidence des contextes marqués par une coordination institutionnelle faible et une implication limitée de la société civile, entraînant des difficultés de collecte, de fiabilité et de partage des données. D’autres pays présentent des formes de coopération ponctuelle, caractérisées par l’absence de mécanismes durables et par des contraintes administratives qui entravent l’utilisation stratégique des données.
À l’inverse, certaines expériences nationales se distinguent par l’existence de cadres de coopération plus structurés associant autorités publiques, organisations de la société civile, universités et, dans certains cas, le secteur privé. Ces dynamiques favorisent la production de données plus solides, combinant approches quantitatives et qualitatives, ainsi que leur utilisation pour la planification, le suivi et le plaidoyer.
Le cas de la Palestine a fait l’objet d’une attention particulière, illustrant le rôle fondamental de l’AEA dans un contexte de guerre et d’occupation. L’AEA y apparaît non seulement comme un outil de développement, mais aussi comme un moyen de résilience, de protection de la vie et de reconstruction de la cohésion sociale, malgré des ressources extrêmement limitées et de fortes contraintes structurelles.
Forces, vulnérabilités et leviers identifiés collectivement
Les échanges ont mis en évidence plusieurs faiblesses structurelles, notamment le manque de confiance entre les acteurs, l’absence de cadres institutionnels et juridiques clairs et une coordination intersectorielle insuffisante, autant de facteurs qui fragilisent les systèmes de données et limitent l’efficacité des politiques d’AEA.
Dans le même temps, les participants ont souligné les atouts du secteur : des programmes étroitement liés aux réalités quotidiennes des apprenants, flexibles et inclusifs, favorisant les droits, la citoyenneté et la cohésion sociale. Dans les contextes de crise et de conflit, l’AEA a été reconnue comme un outil essentiel de résilience psychosociale, économique et communautaire.
Orientations stratégiques et recommandations émergentes
Parmi les principaux enseignements stratégiques de l’atelier figurent :
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la reconnaissance du rôle central de la société civile dans la collecte, la validation et l’utilisation des données d’AEA, avec la proposition de lui attribuer une contribution structurée dans les mécanismes liés à GRALE 6 ;
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l’intégration explicite d’une approche fondée sur les droits humains dans les politiques et programmes d’apprentissage et d’éducation des adultes ;
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la nécessité d’harmoniser les concepts, méthodologies et outils de collecte afin de renforcer la comparabilité des données et le partage d’expériences à l’échelle régionale.
La deuxième journée de l’atelier, tenue le 29 janvier 2026, a permis aux participants d’approfondir ces orientations à travers un travail ciblé sur l’enquête GRALE 6 et de poser les bases de recommandations opérationnelles visant à renforcer durablement la gouvernance de l’AEA et les systèmes de données dans la région arabe.
Une forte visibilité médiatique et un intérêt institutionnel marqué
L’atelier régional a également bénéficié d’une large couverture médiatique, reflétant l’intérêt croissant pour les enjeux de l’apprentissage et de l’éducation des adultes dans la région arabe. De nombreux médias nationaux et régionaux ont suivi l’événement, avec plusieurs interviews réalisées sur place auprès des organisateurs et participants. De nombreux articles de presse ont été publiés après l’atelier, ainsi que des émissions radio et des reportages télévisés, contribuant à renforcer la visibilité des messages clés portés par l’événement.